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C'est l'histoire d'un village gaulois...

Publié le par Stéphane GOMEZ

Mme la Ministre, M. le Maire, chers collègues, Mesdames, Messieurs,

Je me permets, en préalable, au nom des élus Socialistes et Républicains au nom desquels je m'exprime, de rappeler que cette délibération est le fruit du débat lors du dernier conseil municipal, débat qui aurait du permettre de couper court aux rumeurs entretenues par quelques demi-vérités ou de vrais mensonges pour provoquer l'inquiétude.

 

Il y a des sujets qui portent à débat moins pour ce qu'ils disent d'eux mais pour ce qu'ils nous disent de nous même. Et sans doute cette délibération, sur la nouvelle tarification du Conservatoire de Musique de Vaulx-en-Velin, entre-t-elle dans ce sujet.

 

Soit on pense que la culture est un bien commun, à partager le plus largement possible, le partage étant enrichissement. Soit on la vit en village gaulois, replié sur lui et encerclé de toutes parts : il faut alors défendre coûte que coûte son pré-carré de l'envahisseur étranger qui viendrait prendre la culture plutôt que la recevoir.

 

Aujourd'hui le Conservatoire est un outil majeur de l'accès à la culture des Vaudaises et des Vaudais : c'est 20% de notre budget « Culture » de droit commun. C'est un effort conséquent, c'est un effort consenti.

 

Compte-tenu de cet effort, il est aussi naturel, légitime et même nécessaire de s'assurer que ce soit le plus grand nombre des habitants de notre commune qui peut accéder au Conservatoire.

 

Les tarifs actuels font qu'un usager de cette structure ne participe que pour 6,5% des frais. Ce n'est pas choquant en soit : la culture a un coût, les collectivités doivent participer au plus à ce coût pour permettre que le plus grand nombre de personnes puisse y accéder et y participer.

 

Mais cela induit alors moralement que cette offre doit pouvoir bénéficier au plus grand nombre, aussi non, c'est de la péréquation inversée : on demande alors à une majorité qui n'a pas les moyens financiers d'apporter une part fixe de participer via l'impôt à la culture d'une minorité qui elle peut se permettre de payer cette part fixe.

 

C'est pour dépasser cela qu'il est important d'introduire chaque fois que possible et nécessaire une proportionnalité ou une progressivité des coûts pour l'usager.

 

Il faut le faire en ayant conscience aussi des réalités de la population vaudaise. Ils sont peu nombreux à être assujettis à l'ISF (tant qu'il existe encore…). La proportionnalité ou la progressivité ne peut donc pas être un surcoût pour les classes moyennes, déjà sollicitées par ailleurs, mais une réduction des coûts pour les catégories sociales moins favorisées mais aussi pour les classes moyennes, par une péréquation positive via la participation publique. L'objectif est bien de baisser les coûts pour les plus modestes ou les classes moyennes sans les augmenter pour les autres, à fin de permettre au plus grand nombre d'accéder à la culture.

 

Dès lors, reprenons le sujet sur le fond. La tarification proposée enlève-t-elle des droits ou des moyens à celles et ceux qui sont déjà aujourd'hui usagers du Conservatoire vaudais ? Comme pour eux il n'y aura pas de surcoût quand il n'y aura pas en fait même des baisses, la réponse est « non », clairement « non », simplement.

 

La tarification proposée permet-elle à un nouveau public d'accéder au Conservatoire de musique, cette délibération ouvre-t-elle plus largement l'accès des Vaudaises et des Vaudais à la culture ? La réponse est « oui », simplement « oui », clairement.

 

Cette tarification, c'est donc aucun « moins » et que des « plus », plus de Vaudais qui peuvent accéder à plus de culture. C'est pour quoi « oui », simplement « oui », clairement, les élus du groupe Socialistes et Républicains voteront cette délibération.

 

Trouver une citation sur le sujet était une gageur mais je craignais de décevoir mes amis et surtout mes détracteurs si je n'en faisais aucune. Aussi terminerai-je en reprenant les propos de René GOSCINNY, qui s'y connaissait en matière de villages gaulois et estimait qu'il ne faut « pas se battre entre frères, surtout si certains frères sont plus forts que les autres ! »… (Astérix et le Chaudron). Cette nouvelle tarification pour le Conservatoire municipal ne cherche pas à opposer les usagers actuels et à venir du Conservatoire, mais au contraire à rassembler, en ouvrant plus grand à plus les espaces de la culture.

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LUNG Françoise 01/07/2017 03:17

Je ne comprends pas tout, mais ce que je comprends me plait bien
Vive la musique !