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LA VÉRITÉ ET L'ÉCLAT

Publié le par Stéphane GOMEZ

Madame la Ministre,

Monsieur le Maire,

Chers Collègues,

Mesdames, Messieurs,

 

L'exercice du Budget Primitif, quelques semaines après celui sur le Débat d'Orientation Budgétaire, est l'occasion de débattre collectivement, majorité et opposition, de débattre collectivement et publiquement, mais a aussi généralement quelque chose de répétitif et donc de guère enthousiasmant. Certaines interventions qui ont précédé nous le rappellent encore ce soir. Et cela explique peut être aussi la très faible présence de l'opposition ce soir.

 

Il faut pourtant aussi dire que les échanges ce soir sur le BP 2017 de notre Ville ont l'avantage du nouveau jour qui éclaire les débats depuis celui sur le DOB il y a un mois : l'opposition nous l'a alors dit, notre grand tord est de ne pas faire de grandes déclarations révolutionnaires. De grandes citations, oui, et peut être même trop pour certains. De grandes déclarations révolutionnaires, non, nous n'en faisons pas ou pas assez au goût d'autres ou peut être des mêmes.

 

« La vérité, l'âpre vérité », comme disait Georges DANTON, c'est que, oui, les élus Socialistes et Républicains de cette majorité, nous ne sommes pas adeptes des déclamations révolutionnaires. C'est notre péché originel, notre faute capitale : nous acceptons le passé, nous assumons le passif et dès aujourd'hui nous nous projetons avec sérieux dans l'avenir pour répondre aux attentes et aux urgences des Vaudaises et des Vaudais, à qui ont a beaucoup déclamé mais peu offert en vrai !

 

Notre budget, le budget des Vaudais, n'est pas le budget de rigueur que certains voudraient pouvoir nous reprocher, puisque les investissements s'amplifient et les moyens en fonctionnement augmentent également.

 

C'est un budget juste, pour une action de justice, correctrice des errements passés. C'est un budget juste, celui de la parole donnée en 2014 à la majorité des habitants de notre commune qui nous a choisi pour conduire pendant 6 ans Vaulx-en-Velin ; celui de la parole donnée à tous les Vaudais et toutes les Vaudaises quelque soit leur choix en 2014 car nous ne sommes pas à la direction de cette commune pour être au service d'un clan, pour servir les seuls privilégiés du système, nous sommes à la direction de Vaulx-en-Velin pour proposer une politique qui bénéficie à toutes et à tous ; celui de la parole donnée car nous sommes de ce genre là, comme ils disent, de ces politiques qui pensons que donner sa parole aux habitants a un sens, et que faire une école ce n'est pas juste inscrire une croix sur un plan, que l'on change au gré des plans, c'est budgétiser les besoins de l'école, lancer l'acquisition foncière, lancer les études et les concours. Être et ne pas seulement paraître !

 

Comme ROBESPIERRE, « apprenez que je ne suis point le défenseur du peuple ; jamais je n'ai prétendu à ce titre fastueux ; je suis du peuple, je n'ai jamais été que cela, et je ne veux être que cela ; je méprise quiconque à la prétention d'être quelque chose de plus ». Les élus de cette majorité sont des Vaudaises et des Vaudais, nous sommes habitants, acteurs de cette commune, de notre commune et donc comme chacun nous avons vécu et éprouvé les difficultés d'une gestions sans vision, sans ambition, sans projection.

 

Les écoles qui n'ont pas bougé depuis 40 ans, prêtes à exploser ; les logements construits sans respect de la personnalité des quartiers, sans places suffisantes de stationnement ; les files d'attente pour s'inscrire aux centres d'été et un service famille explosé sur plusieurs sites et plusieurs étages pour rendre le service aux habitants plus difficile ; une police municipale sous dotée et un système de caméra obsolète faute d'entretien ; et des promesses, des promesses, des promesses, de belles déclamations révolutionnaires pour au final un taux de réalisation à moins de 50% dans les comptes administratifs. Des promesses, des promesses, des promesses,…

 

Rappelons-la, la réalité de notre ville en 2014, celle des promesses non tenues et d'un service public agonisant, détourné pour servir les privilèges de quelques-uns.

 

À ça on va encore nous répondre que ce budget n'a pas de forme ni de fond. On nous le dit depuis 2 ans, on connait l'antienne maintenant… Mais sincèrement, profondément, derrière ce slogan, quel mépris, quel mépris. Non pas de nous, on ne gouverne pas pour être aimé. Je n'irai pas jusqu'au scepticisme de SAINT JUST pour qui « un peuple n'a qu'un ennemi dangereux, c'est son gouvernement » ; nous savons bien que notre position est de prendre les coups, tous les coups, même de ceux qui ne sont pas moralement en droit de les porter, surtout même peut être de ceux là…

 

Quel mépris des Vaudaises et des Vaudais qui auraient voté sans savoir. Quel mépris de ce peuple qu'on abuserai si facilement. En 2008, la défaite fut cuisante pour nous, nous l'avons acceptée. En 2014, contre toute logique et contre toute statistique, nous avons gagné, et cela a un sens. L'opposition veut s'obstiner à ne pas le voir, qu'importe, ce sont les Vaudaises et les Vaudais seuls juges qui l'ont vu en 2014, eux, qui voient notre projet politique, celui de redresser la situation gestionnaire et budgétaire de notre commune, celui de reproposer un service de qualité aux habitants de la ville, celui de recréer un lien social qui s'était délité pour refaire ville ensemble, pour repartager les espaces publics, pour ne plus vivre en voisins qui s'ignorent quand ils ne s'opposent pas, mais pour vivre en voisins qui se parlent et partagent.

 

C'est ce que dit et fait notre politique depuis 2014, lorsque nous construisons des écoles, renforçons les moyens de protection et de sécurité, quand nous maintenons le budget de la vie associative, quand nous augmentons le budget de la culture, quand nous introduisons -enfin!- l'outil numérique dans nos bibliothèques devenues médiathèques, quand nous proposons des états généraux du sport pour développer des critères de financement qui favorisent le lien social, quand nous lançons un plan de lutte contre les discriminations qui préfigura le plan national, lorsque nous mettons en place un plan d'accessibilité des espaces municipaux pour les personnes en situation de handicaps, lorsque nous préparons et signons avec la Métropole une convention propreté,…

 

Voilà notre projet de ville, bien modeste dirons certains, bien révolutionnaire diront d'autres : refaire ville ensemble !

 

« Il n'y a que ceux qui sont dans les batailles qui gagnent », disait SAINT-JUST : nous gagnerons, alors, car nous sommes pleinement engagés dans une bataille, celle de la vérité, celle de tenir nos engagements de 2014, de les tenir concrètement et sur ce mandat. Ce Budget Primitif, cette année encore, le redit.

 

La 1ère bataille que nous menons, c'est celle de l'éducation. « Après le pain, l'éducation est le 1er besoin d'un peuple », disait Georges DANTON. Lors d'une réunion publique en Conseil de Quartier de La Cote – La TASE, une habitante, vieille Vaudaise, nous a interpellé sur l'irresponsabilité d'avoir signé pour autant de logements (plus de 700 pour le PAE TASE, presqu'autant pour le PUP Gimenez), sur l'irresponsabilité d'avoir signé pour autant de logements sans avoir prévu d'école ! À notre arrivée, le projet était de demander aux communes limitrophes de scolariser nos enfants dans leurs écoles. Cela n'est pas choquant sur le principe, c'est inquiétant quand c'est la règle.

 

Ce BP confirme les efforts entrepris pour être responsables pour ceux qui ne l'ont pas été : nous continuons la maîtrise foncière, les études et les concours, pour qu'à la fin du mandat, comme promis, une école soit construite au Centre et au Sud et en voie de finalisation au Village et au Sud ; parallèlement nous finirons les rénovations d'écoles au Village et au Sud et lancerons une rénovation au Mas. Je ne redirai pas ce qui a déjà été fait en matière d'activités périscolaires (à notre élection, quelques mois avant qu'ils ne doivent être mis en place, il n'y avait rien, rien, et tout à du être mis en place en urgence et l'a été avec succès comme l'atteste la forte fréquentation par les élèves de notre ville).

 

Notre engagement sur la sécurité continue. Cette année, le nombre d'ASVP a été triplé, le recrutement de policiers municipaux se poursuit. Il y a quelques semaines s'est tenue une commission générale de tous les élus, majorité comme opposition (en tout cas des quelques rares parmi ceux de l'opposition qui ont estimé que le sujet méritait le déplacement un samedi matin), pour réfléchir sur l'équipement de la police municipale. Dans ce BP, nous confirmons nos engagements : un poste autonome, extérieur à l'actuel hôtel de ville et directement ouvert sur la rue, sera inauguré ce printemps pour la Police Municipale, et nous lançons le plan de réparation et d'augmentation des cameras de video-surveillance, plus de 800 000€ sur 2 ans.

 

Oui pour ces actions il faut du personnel municipal supplémentaire. C'est un choix politique assumé : nous créons des postes pour les écoles, les médiathèques et la police municipale quand d'autres en créaient pour un centre aquatique ou l'entretien de voitures de fonction !

 

Pour mener cette politique, l'année 2017 sera marquée par un effort d'investissements exceptionnel, à plus de 28M€. nous sommes toujours dans notre Programmation Pluriannuelle d'Investissements de 112M€ sur le mandat, il n'y a pas de changement en la matière, pas d'inquiétudes à avoir d'un quelconque dérapage des dépenses : ce chiffre conséquent est un choix politique, celui de réaliser nos promesses de 2014 sur le mandat, de ne pas en faire une dette morale ou matérielle pour la suite. Cet engagement implique une montée en puissance : après 2 années surtout d'études ou d'achats fonciers, nous sommes maintenant dans la phase des travaux durs.

 

J'entends ceux qui veulent créer l'inquiétude sur la dette que nous serions entrain de créer. Je rappelle que nous avons présenté une PPFI (Programmation Pluriannuelle des Finances et Investissements) : on peut ne pas être d'accord avec cette PPFI, c'est normal, c'est la nôtre, l'opposition est contre par principe ; on peut ne pas être d'accord avec cette PPFI mais reconnaître que nous la respectons et continuons à nous inscrire pleinement cette année encore dans cette programmation.

 

Comme prévu, il y a donc une hausse sensible de l'emprunt cette année, mais qui reste bien sûr toujours dans la moyenne lissée sur le mandat sur laquelle nous nous sommes engagés. Le différent est bien sûr financé par un autofinancement en nette hausse de 27%, de 5M à 6,4M, là où il était à 4M€ à notre arrivée.

 

Tous les sceptiques ont rendez-vous sur cette année 2017 pour voir et constater les chantiers commencer sur toute la commune. Ils marqueront la vie désormais de cette fin de mandat. Le mandat précédent fut marqué par le chemin des grues, celui des constructions lancées sans contrôle (les chiffres de la Métropole nous disent qu'en quelques années le nombre de logements construits sur la commune avait été multiplié par 10). Ce mandat va être marqué par le chemin des grues : celui des équipements de service au public : écoles au Centre ou au Sud, équipement sportif au Village, médiathèque et maison de quartier du Mas. Après un mandat des intérêts privés, nous seront le mandat de l'intérêt général, du service public, de l'humain d'abord, en propos et en actes.

 

Cette politique, bien sûr, a un coût. Il est plus simple de délivrer des permis de construire à des promoteurs privés que de dégager des marges financières pour construire un équipement public.

 

Cette politique, nous continuons à la mener sans augmenter la fiscalité locale et nous faisons même plus, j'y reviendrai. Nous maitrisons les dépenses de fonctionnement avec une augmentation structurelle (hausse incontournable, sauf à dire que l'on supprime la progression de carrière des agents) de 1,18% seulement (alors que les recettes de fonctionnement progressent, elle de 2,93%), grâce à nos efforts de gestion, et grâce au professionnalisme des agents, que je remercie pour le travail important réalisé, notamment pour construire ce budget. On l'a déjà dit, c'est sur le « train de vie » de la Mairie que nous faisons les économies de fonctionnement, par sur les agents ou le service au public.

 

« Que le riche paye, puisqu'il n'est pas digne, le plus souvent, de combattre pour la Liberté ; qu'il paye largement et que l'homme du peuple marche contre la Vendée », nous dit Georges DANTON (Discours Pour un nouvel impôt relatif à l'envoi de troupes en Vendée, 8 mai 1793).

 

À Vaulx-en-Velin, ce n'est pas que l'homme riche qui paie : tout le monde paie. On peut être pour l'impôt et estimer que son taux doit rester juste, surtout quand il ne peut pas être proportionnel. Nous nous sommes engagés à être extrêmement vigilants sur la part qui nous concerne, les taux communaux de la taxe foncière et de la taxe d'habitation et les subventions aux syndicats intercommunaux. Ce sont ces taux que l'on maîtrise et ces taux uniquement, on ne maîtrise pas les taux des autres collectivités ou les bases, et cela est vrai pour toutes les collectivités, qu'elles soient de Gauche ou de Droite. Depuis notre 1er budget, en 2014, nous avons contenu la fiscalité municipale et cette année notre effort va au-delà. Nous avons conscience de la pression locale forte qui s'exerce sur les Vaudaises et les Vaudais, c'est pourquoi, en même temps que nous redisons le principe de l'impôt, nous faisons tout, à notre niveau de compétence, pour qu'il ne pèse pas encore plus sur les habitants de notre commune. C'est pourquoi, cette année 2017 sera marquée par des transferts de charges des subventions aux syndicats intercommunaux pour alléger l'impôt vaudais. Bien sûr, l'effort est modeste, il faut honnêtement le reconnaître. Naïvement pourtant, je pensais que cette proposition pourrait être être saluée et partagée par tous. Au moins par ceux qui n'ont pas pu faire mieux ni même aussi bien…

 

Alors oui, voilà ce qu'est ce Budget Primitif, notre budget, que voterons -bien sûr, naturellement!- les élus Socialistes et Républicains. Il n'est peut être pas assez fait de déclamations révolutionnaires, c'est que notre révolution vaudaise est autre. Elle est celle de l'engagement, elle est celle de la vérité, elle est celle de la parole tenue. Telle est notre révolution des formes et du fond, telle est notre audace, « de l'audace, encore de l'audace, toujours de l'audace » (Georges DANTON, 2 septembre 1792), mais une audace qui n'est pas de bravade et de bravache, une audace qui ose. « Osez ! Ce mot renferme toute la politique de notre Révolution », disait SAINT-JUST. Oui nous osons ; nous osons dire ce que nous faisons et faire ce que nous avons dit !

 

Les critiques qui nous sont adressées ne nous surprennent plus, ce sont les mêmes depuis 3 ans bientôt, elle sont ressassées. Qu'importe, nous continuons, et nous laisserons nos réalisations être le juge souverain de notre action et de notre parole que nous avons engagée auprès des Vaudaises et des Vaudais.

 

Comme dans le sablier de nos réalisations que j'ai évoqué le mois dernier sur le DOB, reprenant Thomas MANN, le sablier du temps qui m'est imparti est écoulé. J'aurai pu demander plus mais il faut savoir constance garder, comme dirait Oscar WILDE. Je conclurai par une citation, bien sûr, de ROBESPIERRE, bien sûr :

 

« Nous voulons substituer, dans notre pays, la morale à l'égoïsme, la probité à l'honneur, les principes aux usages, les devoirs aux bienséances, l'empire de la raison à la tyrannie de la mode, le mépris du vice au mépris du malheur, la fierté à l'insolence, la grandeur d'âme à la vanité, l'amour de la gloire à l'amour de l'argent, les bonnes gens à la bonne compagnie, le mérite à l'intrigue, le génie au bel esprit, la vérité à l'éclat, le charme du bonheur aux ennuis de la volupté, la grandeur de l'homme à la petitesse des grands, un peuple magnanime, puissant, heureux, à un peuple aimable, frivole et misérable, c'est-à-dire, toutes les vertus et tous les miracles de la République, à tous les vices et à tous les ridicules [de la monarchie] ». (ROBESPIERRE, 1794)

 

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