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Le seul charme du passé, c'est qu'il est le passé.

Publié le par Stéphane GOMEZ

Le seul charme du passé, c'est qu'il est le passé.

Madame la Maire,

 

Chers Collègues,

 

Mesdames, Messieurs,

 

Un petit propos liminaire suite à certaines réactions d'élus choqués que vous puissiez, Mme la Maire, vous exprimer en conseil municipal : il n'y a pas d'opposition de notre groupe pour que les temps de parole demandés soient enfin respectés ni que la présidence de l'Assemblée est la liberté de parole et d'organiser les débats, comme cela se fait partout ailleurs. Nous proposons même d'aller plus loin en terme de « comme cela se fait par ailleurs », en proposant que les temps de parole soient distribués selon l'ordre d'importance des groupes, cela au moins serait clair et lisible par tous, pour éviter les petits jeux de petites tactiques.

 

L'intervention des élus Socialistes et Républicains s'inscrira, pour ce débat sur le Budget Primitif, -nul n'en sera surpris- dans la continuité du Débat d'Orientation Budgétaire que nous avons eu en décembre dernier.

 

Si je peux me permettre de me citer, j'avais alors, au nom des élus de mon groupe, dit que « nous restons résolus à tracer le chemin pour lequel les Vaudaises et les Vaudais nous ont élus : ce Débat d'Orientation Budgétaire dit, le Budget Primitif le confirmera, le bilan du mandat le démontrera ».

 

Ce Budget confirme donc notre orientation et il redit dans les chiffres le projet de ville que nous portons avec passion et raison depuis le début du mandat.

 

Le maintien des taux communaux de fiscalité.

 

Comme ce point risque semble être survolé jusqu'ici lors de ce débat -peut être pour être sûr qu'il soit mieux oublié-, je souligne d'entrée que nous n'augmenterons toujours pas -pour cette 3ème année de mandat- les taux communaux d'imposition.

 

Nous avons conscience de la pression locale forte qui s'exerce sur les Vaudaises et les Vaudais, c'est pourquoi, en même temps que nous redisons le principe de l'impôt, nous faisons tout à notre niveau de compétence pour qu'il ne pèse pas encore plus sur les habitants de notre commune. Les perspectives présentées montrent que nous voulons tenir ce cap sur l'ensemble du mandat.

 

Pour maintenir cette situation, alors que nous avons été élus à un moment où les tendances entre les dépenses de fonctionnement et les recettes montraient clairement un mortifère « effet ciseaux », cela demande un travail rigoureux et précis de contrôle des dépenses, d'autant plus nécessaire que, nous pouvons le constater, nous ne renonçons pas à nos engagements d'investissements. En conséquence, c'est un travail de rationalisation des dépenses de fonctionnement que nous devons mener.

 

Ce risque d'effet ciseaux a le contraignant avantage à nous obliger de sortir d'une simple lecture annuelle des budgets pour proposer une vision et un cadrage pluriannuel. C'est ce que fait la délibération proposée, document cadre pour la fin du mandat.

 

Certains semblaient ces derniers mois être surpris qu'il faille attendre la 2ème année de mandat pour proposer ce PPIF : il suffisait de comprendre qu'une nouvelle équipe devait finir l'état des lieux réels, pour proposer une perspective financière rigoureuse, qui inscrit dans la sureté nos engagements.

 

Assurer l'équilibre pluriannuel des dépenses.

 

Pour desserrer les lames du ciseau, sur les recettes de fonctionnement, nous voulons rester dans la stabilité, en tenant compte des coûts inévitables, notamment de la masse salariale compte-tenu des progressions de carrière d'agent. Et quand j'entends des leçons de morale sur le développement de la précarité, je regrette de ne pas avoir ramené les données de l'année dernière sur l'évolution de cette précarité sur le précédent mandat : de 2008 à 2014, sa progression avait été plus de deux fois plus rapide que celle de l'emploi titulaire.

 

Cela implique de continuer l'effort de rationalisation commencé, qui n'est pas l'austérité que certains espèrent pour mieux la dénoncer : il y a une progression contrôlée et non pas de recul des financements de fonctionnement ou de subventions.

 

Sur cette démarche de rationalisation, j'entends d'ailleurs avec un certain étonnement les critiques contre la réduction du nombre de postes de la Commune. L'année dernière, sur les mêmes rangs, on nous expliquait voter contre le budget car on embauchait trop (oubliant au passage qu'il fallait pourvoir aux postes laissés vacants d'animateurs du périscolaire) ; cette année, on nous explique voter contre le budget parce qu'on n'embauche plus assez. Tout le monde a bien compris qu'il fallait trouver une raison pour voter contre le budget que nous proposons, qu'importe si les explications d'une année sur l'autre se contredisent, car comme le disait Friedrich NIETZSCHE : « Tout acte exige l'oubli » (Considération inactuelles).

 

Dans ce cadre aussi, certaines dépenses de fonctionnement peuvent surprendre ; nous avons déjà eu ces débats lorsque les délibérations furent présentées, puisque tout est fait dans la transparence. Il y a des choix qui sont fait, nous les portons, nous les assumons, y compris quand il s'agit de corriger ce qui apparaît, selon, comme des choix différents d'orientation ou comme des aberrations gestionnaires peu compréhensibles. Ce n'est bien sûr pas forcément ce que nous aurions préféré faire, mais il nous semble plus utile de payer aujourd'hui que de porter à bout de bras des projets contre-productifs que nous laisserions en dette à nos successeurs.

 

Ces dépenses pèsent sur le début du mandat et laisse d'autant mieux espérer par la suite, plus nous sortirons de l'état d'héritage, le rééquilibrage des finances de fonctionnement. Nous ne voulons pas que les finances de la ville prennent l'eau comme le centre aquatique, qu'on nous rabâche encore alors qu'il était déjà bien coulé bien avant le début du mandat.

 

La maîtrise de la dette.

 

Notre volonté de maintenir les taux fiscaux n'aurait pas de sens si nous cédions en parallèle aux sirènes de la dette : nous ne ferions que créer aujourd'hui l'impôt de demain.

 

Pour continuer à investir tout en limitant les nouveaux emprunts à une moyenne de 5M€ / an comme nous l'avions annoncé l'année dernière, nous devons dégager plus d'épargne brut sur les recettes de fonctionnement. La programmations pluriannuelle de financement prévoit d'augmenter notre capacité d'autofinancement de plus d'un tiers sur le mandat, effort notable.

 

Cette hausse de l'autofinancement couplée avec un contrôle de l'emprunt doit permettre de sortir de la zone rouge de la capacité de désendettement dans laquelle nous stagnions depuis des années, au-delà de 11 années, pour revenir à un niveau plus acceptable, à moins de 8 ans. Cela redonnera de la respiration aux finances de notre Ville et permettra de regagner des marges des manœuvres si nécessaire.

 

Maintien des taux communaux de fiscalité, maîtrise de l'emprunt, amélioration de l'auto-financement, amélioration de la capacité de désendettement, abaissement du taux de rigidité budgétaire : chacun comprendra donc que nous sommes aujourd'hui engagés dans un redressement nécessaire des finances de la Commune.

 

Un plan ambitieux de financement de la qualité de vie des Vaudais.

 

Cet indispensable travail de redressement des comptes de la Ville -indispensable car derrière se disent les impôts donc les finances personnelles et les conditions de vie des Vaudaises et des Vaudais, leur volonté de rester sur la commune et d'y construire avec nous une ville mixte et vivante-, cet indispensable travail ne peut se faire au détriment de la qualité de vie et d'équipements qu'une Municipalité doit offrir à ses résidents.

 

La dynamique démographique n'est pas un absolu en soi, un dogme : le prendre comme seul critère de réussite de sa politique pendant 10 ans est pour le moins limité. La dynamique démographique doit être accompagnée : elle doit se faire où, comment, avec quels équipements,… elle est un outil pour la qualité de vie sur notre commune, pour les Vaudais de demain et pour les Vaudais d'aujourd'hui !

 

Avec 20M€, nous demeurons donc à un niveau très élevé d'investissements, avec une priorité affirmée, celle de l'Éducation, qui représente 50% des investissements municipaux. Comme Léon BLUM, nous pensons que « l'Éducation doit être au cœur de notre action ».

 

Nous avons la probité de dire que nous n'étions pas dans la situation des écoles marseillaises ; mais nous maintenons que nous sommes encore loin de ce que les Vaudaises et les Vaudais peuvent espérer légitimement pour leurs enfants. Nous continuons bien sûr la construction des groupes scolaires Beauverie et Cartailhac, nous reviendrons d'ailleurs dessus lors de ce Conseil Municipal, avec le vote d'un jury de concours ; en parallèle, il y a toujours un effort sur la rénovation de l'existant, et chacun aura pu noter la qualité de ce qui a été fait l'été dernier, avec une approche rationalisée des travaux qui a permis une amélioration sensible des locaux existants ; la même démarche sera reproduite cet été et par avance nous en remercions, à côté des agents mobilisés, les 2 élues qui en ont la conduite politique, Kaoutar DAHOUM et Muriel LECERF.

 

En parallèle, si je reviens sur la section « fonctionnement », on verra que les priorités sont sur le financement des associations, avec plus de 5M€, ou la sécurité des habitants de Vaulx-en-Velin, avec la poursuite de nos engagements (de la hausse des effectifs à l'ouverture d'un commissariat municipal dans des locaux autonomes). La Culture, le Sport ou la Jeunesse, avec un budget de plus de 19M€, sont également en hausse, mais avec des réorientations proposées, au profit du service au public, de l'offre culturelle et sportive : quand des arbitrages financiers ont du être faits en la matière, ils ont été réalisés sur les frais de gestion courante. La qualité de l'offre est préférée à la logique gestionnaire.

 

Ce sont sur les Services Généraux que les économies seront faites, pour que le service au public ne soit pas impacté par la situation financière que nous devons redresser. Ce n'est donc pas une diminution du rythme de la baisse que certains pensent voir, mais une réduction qui se fait avec un suivi précis au plus près, pour que ces économies ne se fassent pas aux dépens du service public.

 

Il faut rester médiocre pour être populaire.

 

Depuis l'élection, notre majorité doit accepter l'habituel procès en compétence ; il est quasi inévitable après une alternance, nous le recevons donc avec recul, parfois avec ironie et circonspection.

 

On progresse quand même : on est passé au « jeu des 7 erreurs » à celui des « 3 problèmes ». À ce rythme là peut-être que l'année prochaine on peut espère qu'on nous reconnaîtra qu'on est dans le bon !

 

Depuis l'élection, notre majorité a développé une manière de transparence inédite pour notre commune, nous avons dit et montré, nous avons assumé sans faux semblant les conséquences financières de nos choix politiques, même quand ils étaient la conséquence contrainte de l'héritage d'une politique contre laquelle nous avons gagné l'élection.

 

Cette transparence, c'est encore celle de cet exercice budgétaire, avec une programmation pluriannuelle et des choix de financement qui déclinent en actions et en réalisations notre projet de ville. Vous ne serez pas, Mme la Maire, une édile la tête perdue dans les étoiles, les étoiles véritables ou celles simulées d'un planétarium. Vous serez, Mme la Maire, une édile qui inaugurera, qui inaugurera des écoles, des médiathèques, des maisons de quartier. Voilà, en un point, notre projet de ville.

 

Oscar WILDE nous a laissé dans ses aphorismes celui-ci : « Chaque fois que l'on produit un effet, on se donne un ennemi. Il faut rester médiocre pour être populaire » (Le Portrait de Dorian Gray). Assurément, nous n'aspirons pas à la popularité ; tant mieux : si l'on en croit WILDE, cela devrait nous permettre de ne pas être trop médiocre ! De là à ne pas avoir trop d'ennemis, en politique…

 

Et pour éviter toute polémique avant de conclure, je précise que je n'utilise ce terme que parce qu'il est celui de la citation d'Oscar WILDE.

 

WILDE sera notre conclusion avec un autre de ses aphorismes : « Le seul charme du passé, c'est qu'il est le passé ». Dans la rigueur du présent nous préférons aux charmes reconstruits du passé écrire un futur charmant : les élus socialistes et républicains voteront l'ambition, nous voterons ce budget.

 

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