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Laissons le soleil entrer dans notre ville.

Publié le par Stéphane GOMEZ

Laissons le soleil entrer dans notre ville.

Madame la Maire, chers collègues, Mesdames et Messieurs,

 

Je n'aurai pas à faire long au nom du groupe des élus Socialistes et Républicains, car ce dossier n'est que la conclusion de délibérations que nous avons déjà vu et qui confirment notre projet de ville. Elles confirment qu'il y a une orientation différente entre nous et l'ancienne majorité, une orientation différente du développement urbain, qui traduit une vision différente de notre commune et du lien social.

 

Nous l'avons dit, nous pouvons le répéter: la ville doit continuer à se réinventer et elle va continuer à se réinventer.

 

Certains voudraient dire que nous ne voulons pas du développement de Vaulx-en-Velin. A un moment où nous nous retrouvons en situation de première couronne, alors que nous sommes persuadés que l'étalement urbain est par les effets économiques, sociaux et environnementaux qu'il produit à l'inverse du développement humain, alors que nous sommes dans une métropole dynamique dans laquelle il faut se projeter si on veut en bénéficier des effets positifs à défaut de quoi il faudrait se contenter d'espérer profiter des effets de résilience ou de ne pas souffrir des contrastes négatifs, dans ces conditions là, oui la ville doit continuer à se développer.

 

Mais avoir la conviction de cette nécessité ne dit pas et n'induit pas que ce développement doit être passif et / ou exogène.

 

Le développement de notre commune doit être le produit d'une volonté endogène qui reflète un projet et un intérêt local.

 

Vaulx-en-Velin a longtemps été un moteur de la solidarité urbaine. Et il était et reste légitime que notre commune porte aussi sa part de la solidarité nationale, dans tous les domaines.

 

Mais que reste-t-il de ce devoir de solidarité, quand la ville n'est plus que le réceptacle des politiques publiques dont les autres ne veulent plus? Que reste-t-il de ce devoir de solidarité quand ce n'est plus la puissance publique qui guide le développement de Vaulx-en-Velin, mais des intérêts privés et extérieurs, qui n'ont que les bénéfices à assumer aujourd'hui, et pas -demain- les incohérences générales de leurs préférences particulières?

 

Les élections municipales de mars 2014 ont permis aux Vaudaises et aux Vaudais de redéfinir une politique publique. Ils ont dit leur souhait d'un développement urbain plus équilibré, s'appuyant sur un rythme citoyen, celui des échanges en conseil de quartier, s'appuyant sur une diversification de l'offre urbaine, s'appuyant sur un respect des environnements architecturaux et paysagers, s'appuyant sur une solidarité partagée.

 

La diversification de l'offre, c'est toute sa diversification. Le contrat ANRU de 2005, signé par un précédent Maire qui n'était pas de notre parti, prévoyait de passer de 60 à 40% de logement social. 10 ans plus tard, nous en sommes à… 58% ! Il faut donc œuvre à diversifier l'offre, en permettant bien sûr toujours de la promotion sociale, elle est indispensable ; mais aussi et surtout en permettant le développement sur Vaulx-en-Velin de l'accession privée sous ses différentes formes, de l'offre intermédiaire, ou de projets coopératifs, comme celui de Chamarel, dont je veux dire que nous pensons sans réserve, dans notre groupe, qu'il s'agit d'un beau projet.

 

J'entends ce qui a été dit sur les exceptions. J'entends aussi qu'en politique il faut aussi savoir tenir le cap des politiques que l'on définit et que l'on contractualise avec les habitants et avec les partenaires, et que ce n'est donc pas l'exception qui définit le cap. Car d'exception en exception, c'est l'orientation en fait que l'on change, le cap ; il faut alors savoir le dire et il faut alors savoir l'assumer.

 

Nous sommes les représentants de cette politique publique redéfinie, de cette orientation claire. Et c'est cette politique publique que disent ces délibérations.


LE CORBUSIER disait: "On met en œuvre de la pierre, du bois, du ciment ; on en fait des maisons, des palais ; c'est de la construction. L'ingéniosité travaille.  Mais, tout à coup, vous me prenez au cœur, vous me faites du bien, je suis heureux, je dis : c'est beau. Voilà l'architecture. L'art est ici." (Vers une architecture, Le Corbusier, éd. G. Crès, 1924, p. 123)

 

Nous n'avons pas la prétention de faire oeuvre d'artistes, mais celle de ne pas faire simple oeuvre de construction. Nous ne voulons pas laisser 4 murs à une personne, mais travailler à faire ville commune pour les habitants.

 

Cette politique a un coût: celui des erreurs passées. Nous les assumerons, car nous préférons payer aujourd'hui pour les erreurs de hier, plutôt que laisser demain d'autres payer les erreurs d'avant-hier.

 

Ces 3 délibérations disent notre politique: un héritage que nous assumons, mais que nous n'assumons pas passivement. Nous partons du réel tel que nous le subissons pour aller faire notre projet de ville tel que nous le partageons. Diversification de l'offre, respiration environnementale, rythme humain.

 

LE CORBUSIER voulait faire entrer le soleil dans les maisons pour qu'il re-rentre dans les coeurs. Nous voulons aussi limiter les dérives d'une architecture et un urbanisme du totalitarisme du béton pour faire re-rentrer le soleil dans notre ville.

 

Nous voterons ces délibérations.

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