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« Je refuse la liberté d’un seul contre l’oppression de tous ».

Publié le par Stéphane GOMEZ

« Je refuse la liberté d’un seul contre l’oppression de tous ».

Hommage à Nelson Mandela

Monument des Droits de l’Homme

Samedi 5 décembre 2015 – 10h30


 

 

Mesdames et Messieurs du Collectif Arc en Ciel,

Mesdames et Messieurs les élus,

Mesdames et Messieurs les responsables d’associations,

Mesdames, Messieurs,

 

 

Permettez-moi, tout d’abord, de vous saluer tous et de remercier le Collectif Arc en Ciel pour son invitation.

 

Madame Hélène GEOFFROY, notre Députée-Maire, retenue par un autre engagement, m’a chargé de vous adresser ses salutations et ses compliments pour cette initiative qui rend hommage à Nelson Mandela décédé il y a deux ans.

 

Il était important, en effet, que cette figure majeure de l’Histoire de l’Humanité soit honorée ; et, permettez-moi de vous dire, que c’est naturel qu’elle le soit, ici, à Vaulx-en-Velin.

 

C’est la première cérémonie, en ce jour anniversaire de la disparition de « Madiba ». Je crois pouvoir dire, avec le Collectif « Arc en ciel », que nous pouvons en faire désormais une date inscrite dans le calendrier des célébrations mémorielles de notre Ville.

 

Les 5 décembre y prendront toute leur place!

 

Nous savons bien, à Vaulx-en-Velin, la valeur et l’importance de notre arc en ciel mémoriel, pour reprendre ce beau symbole.

 

Partager nos racines historiques pour faire Ville commune plutôt que de se contenter d’une juxtaposition de mémoires désunies, de populations séparées.

 

Notre Ville s’est constituée d’histoires diverses et de cultures différentes que ses habitants transcendent peu à peu, agrègent les unes aux autres dans l’objectif de faire société ensemble.

 

Unir et rassembler :

  • qui mieux que Nelson Mandela pour illustrer l’intelligence qui unit, réconcilie et triomphe ?

  • qui mieux que Madiba pour incarner ces combats universels pour la Liberté, l’Egalité, la Fraternité ?

 

Lorsque, le 27 avril 1994, il devient, à 76 ans, le premier Président noir d’Afrique du Sud, le monde entier tourne enfin une page honteuse de son Histoire : celle du régime d’apartheid d’Afrique du Sud.

 

70 ans auparavant, les missionnaires protestants de l’école fréquentée par le jeune Mandela ne se doutaient pas que l’éducation en anglais qu’ils lui prodiguaient et que le prénom Nelson qu’ils lui donnèrent feraient de cet enfant du clan des Thembu un des hommes les plus célèbres et les plus appréciés de la planète.

 

Il aura dû pour y parvenir traverser des décennies de luttes, de répressions, de fureurs mais aussi d’espérances.

 

Les grèves étudiantes, son adhésion à une ANC alors non-violente, son cabinet d’avocat, sa vie de famille et ses responsabilités politiques en plein apartheid vont constituer sa vie jusqu’à ce jour du 21 mars 1960 où a lieu le massacre de Sharpeville. Ce jour-là, la répression d’une manifestation pacifique de jeunes contre les lois ségrégationnistes fera 69 morts.

 

Dès lors, face à l’oppression l’ANC intensifie la lutte.

Le 12 juin 1964, Mandela est condamné à la réclusion à perpétuité et aux travaux forcés. Il échappe à la peine de mort !

 

Commencent alors les années à Robben Island, prison pour noirs. Le seul condamné blanc de ce procès va lui à la prison de Pretoria! Et oui, même pour les détenus !!!

 

A partir des années 80, Mandela devient l’emblématique leader de la lutte anti-apartheid.

 

La pression internationale faite de sanctions économiques et de boycott du pays produit son effet. Le prisonnier devient très gênant.

 

Prêt à le libérer en échange d’un reniement, le gouvernement essuiera la réponse de Madiba : « Je refuse la liberté d’un seul contre l’oppression de tous ».

 

Le nouveau Président Frederik de Klerk est conscient de l’inévitable et il entame le démantèlement de l’apartheid.

 

Nelson Mandela sort de 27 années de prison devant les caméras du monde entier le 11 février 1990.

 

Les deux hommes travaillent dès lors à une transition démocratique. Ils seront Prix Nobel de la Paix en 1993.

 

Nous voilà revenu à l’élection remportée par l’ANC. Mandela déclarera : « J’ai attendu d’avoir plus de 70 ans pour pouvoir voter !».

 

Il place les vice-présidents Frederik De Klerk et Thabo Mbeki à la tête d’un gouvernement d’union nationale.

 

L’envergure politique du personnage, sa légitimité, son habileté auront raison des extrémismes et éviteront l'embrasement du pays.

 

Voilà trop brièvement évoqué le parcours d’un être hors du commun. Il me semblait important, pour cette première commémoration, de retracer à grand traits quelques étapes de sa vie.

 

Permettez-moi, d’ailleurs, au moment où nous célébrons la mémoire de cet homme exceptionnel, d’avoir une pensée pour Rosa Parks et d’une certaine façon de l’associer à cet hommage. En effet, mardi dernier, 1er décembre, étaient commémorés les 60 ans de son héroïque refus de céder sa place à un passager blanc dans un bus de l'Alabama.

 

Le geste de cette jeune couturière a participé au basculement de l'Histoire des Etats-Unis. D’ailleurs, il ne s’agit pas là uniquement d’Histoire et de Mémoire mais aussi de Droits, d’Emancipation et d’Egalité.

 

Il ne s’agit pas non plus d’état d’âme, de bons ou de mauvais sentiments, il est question de Respect et de Dignité humaine.

 

Son acte symbolise l’esprit sublime de résistance qui anime des femmes et des hommes debout sous des régimes dictatoriaux ou dans des situations avilissantes.

L’Histoire n’est pas confinée dans un passé révolu.

Elle enseigne à notre génération le devoir de porter et de transmettre ces vécus exemplaires qui nous instruisent de l’ignominie subie et des conséquences de tout fanatisme alors même que nous voyons ressurgir des thèses racistes et croître les Partis qui les propagent.

 

Mobilisons-nous pour les stopper.

 

Inspirons-nous de la force et de l’immense capacité humaine de Mandela à lutter pour conquérir la Liberté.

 

Merci de votre attention.

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